Il faut rechercher Dieu — Avec Benoît et les Pères cisterciens

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Il faut rechercher Dieu



Nous ne demeurons point là toute la journée à ne rien faire, nous savons, en effet, ce que nous cherchons et qui nous a conduit ici. C'est Dieu que nous cherchons, c'est Dieu que nous espérons...

 

 

       Nous ne demeurons point là toute la journée à ne rien faire, nous savons, en effet, ce que nous cherchons et qui nous a conduit ici. C'est Dieu que nous cherchons, c'est Dieu que nous espérons. Ce n'est pas une chose de peu d'importance, ni l'objet d'une ambition commune, puisque celle qui se glorifie, d'une piété particulière se plaint bien souvent d'en être privée, quand elle s'écrie : « Je l'ai cherché et ne l'ai point trouvé (Ct 3,2). » S'il est aimable il est aussi admirable, et si on ne le trouve point quand on le cherche, on le trouve aussi quand on ne le cherche point.

      Si nous avions vu le jour au moment où l'homme apparut sur la terre et que notre vie s’étende sur cent mille ans, le temps présent n'en serait pas plus digne pour cela d'être mis en comparaison avec la gloire qui sera un jour révélée en nous. C'est maintenant le temps de chercher, maintenant les jours propices pour trouver. Il est dit : « Cherchez le Seigneur tandis qu'on peut le trouver ; invoquez-le pendant qu'il est proche de vous (Es 55,6). » Un jour viendra où on ne le pourra plus, où la source des miséricordes sera tarie par une éternelle sécheresse. « Vous me chercherez, dit le Seigneur, et vous ne me trouverez point (Jn 7,34). » Tu es bon, Seigneur pour à l'âme qui te cherche, mais combien plus encore pour celle qui te trouve…

 

       Voyez donc, mes frères, si vous êtes dans la voie, assurez-vous que vous n'êtes point sortis de votre orbite. Il est dit : « Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur soit dans la joie (Ps 104,5) » Si donc vous vous réjouissez au milieu des fatigues et des peines, si vous courez d'un pas allègre et d'un pied infatigable dans les voies des commandements de Dieu, il est sûr que vous ne cessez point de rechercher sa face...

      Cherchez, mes frères, « cherchez le Seigneur, et fortifiez-vous de plus en plus dans cette recherche, cherchez sa face sans cesse (Ps 104,4).  L'âme qui vit au monde ne vit pas pour lui. Cherchons-le donc de telle sorte que nous le cherchions toujours, et qu'il dise de nous, quand il viendra nous chercher à son tour : « Voilà la race de ceux qui le cherchent, de ceux, dis-je, qui cherchent à voir la face du Dieu de Jacob (Ps 23,6)). » Et qu'ainsi les portes éternelles s'ouvrent, que le Roi de gloire s'avance, et que nous nous avancions aussi avec lui qui est Dieu et béni dans les siècles des siècles.

                                                                        Saint Bernard Sermon divers 4 (Extraits)

Apprendre à prier

     Toi aussi, apprends à prier, apprends à chercher, à demander, à frapper jusqu’à ce que tu reçoives, jusqu’à ce qu’on t’ouvre. Le Seigneur sait bien de quoi tu es pétri ; il est fidèle et ne supportera pas que tu sois tenté au-delà de tes forces.

                                                     Saint Bernard, Sermon 6 pour l’Ascension (Extraits)

Prier en s’attachant à Dieu fidèlement                                                                                                                      

      Dans les demandes, il faut prier en sollicitant Dieu, en s’attachant à lui avec fidélité, sans s'y attacher avec entêtement, parce que nous ne savons pas, mais notre père céleste sait, ce qu'il y a de nécessaire pour nous dans les biens temporels.

     Dans les supplications, il faut insister, mais en toute patience et humilité, parce qu'elles ne produisent leur fruit que dans la patience. La grâce parfois n'arrive pas avec rapidité, et, en certains cas, le ciel devient d'airain et la terre de bronze, pour celui qui prie. Et comme avec cette dureté du cœur humain qui lui reste, l'homme ne mérite pas d'être exaucé au gré de ses vœux, l'impatience de ses désirs lui fait regarder comme refusé ce qui n'est que différé. Comme la Cananéenne de l’Évangile (Mt 15, 22), il gémit, se voyant laissé de côté avec dédain. Il s’imagine qu’on remet en cause et qu’on lui reproche, comme une impureté de chien, ses iniquités passées.

      D'autres fois, et non sans fatigue, il reçoit l'objet de ses demandes ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvre ; et le labeur de sa supplication mérite parfois de trouver les consolations et les douceurs de la prière.

                            Guillaume de Saint Thierry Lettre aux frères du Mont Dieu (Extraits)